La meule du charbonnier

Parmi les artisans nomades des forêts, tels que les verriers et chaufourniers, les charbonniers sont ceux qui sont restés actifs le plus longtemps. Du Moyen Age jusqu’au milieu du siècle dernier, les charbonniers vivaient dans les forêts, se déplaçant au fur et à mesure de l’exploitation pour fabriquer le précieux combustible.

Cette population marginale était très indépendante. Nos grands parents se souviennent bien de ces êtres nomades à la figure noircie par le charbon qui vivaient avec leurs familles dans des cabanes de bois, de déplaçant de temps en temps vers de nouveaux lieux d’exploitation.

ls se rappellent aussi qu’en une quarantaine de jours une seule fosse charbonnière pouvait faire disparaître cent hectares de forêt.

Les gens du charbon inspiraient aux gens des villes et même aux paysans sédentaires une certaine crainte qui s’exprime dans la littérature.

LA FABRICATION DE LA MEULE

En août 2003, dans le cadre des festivités du 200ème anniversaire de l'indépendance vaudois, un charbonnier de la Vallée de Joux (aidé d'une équipe) a confectionné une meule et fabriqué du charbon.

Pour obtenir le charbon à partir des bois d’éclaircie, on passe par toute une série d’opérations qui seront brièvement présentées ici:

Préparation de la place

La surface doit être bien plane, proche du lieu d’abattage et pas trop humide. Avec la pioche, la pelle et le râteau on aplanit un cercle qui sera battu et dégagé de tout débris végétal ou caillou.

Le choix du bois

L’abattage, le débitage et le transport se font pendant la mauvaise saison, dans le cadre du travail traditionnel en forêt. Le bois destiné au charbon doit être aussi sec que possible. Il s’agit très largement de feuillus (charmes, hêtres, chênes, etc.), car le charbon de bois provenant de résineux (épicéas, sapins, mélèzes) présente le désavantage d’exploser et de faire trop de braises.

 

Le montage de la meule

La construction d’une meule exige une rigueur absolue. La réussite de l’opération en dépend: il s’agit de carboniser le bois, c’est-à-dire de le réduire à son composant intéressant, le carbone, qui présente environ 25 % d’un arbre, et surtout de le brûler.

Le bois est empilé en quatre couches de rondins serrés verticalement, autour d’une perche de 4 mètres et d’un diamètre de 20 centimètres. Cet axe sera enlevé au dernier moment pour obtenir un conduit de cheminée.

Préparation de l'axe central

Amorce de la meule

Préparation de l'axe central

Confection de la cheminée

Cheminée terminée

Second étage de la meule

La réalisation du manteau

La meule est recouverte d’une couche de branches de sapins, puis d’un manteau hermétique composé de poudre de charbon et de terre humide. Des bouches d’aération sont ménagées qui, ouvertes ou fermées, régleront la quantité exacte d’air assurant une bonne carbonisation.

Couche de branches de sapins

Manteau hermétique

Seconde couche de terre

 

L’allumage

Le moment très attendu de l’allumage est arrivé. Tirés d’un petit feu installé à quelques pas de la meule, du charbon et des braises incandescentes sont introduits dans la cheminée. A la base des ouvertures sont réalisées sous le plancher. Très rapidement, la température monte. Il faut dès lors surveiller de très près le processus de carbonisation et éviter que la meule ne s’enflamme.

L’entretien de la combustion

Durant une dizaine de jour, la présence d’un charbonnier est indispensable jour et nuit. Les différentes colorations de la fumée lui indiquent ce qui se passe à l’intérieur et lui dictent la nature des interventions nécessaires. Les meules sont construites dans des endroits abrités, mais le vent joue tout de même un rôle: le moindre courant d’air influence le tirage.

Un couvercle est posé sur la cheminée. Un charbonnier l’enlève de temps à autre pour activer la combustion au moyen d’une perche. Peu à peu le sommet de la meule devient un cratère. La combustion se développe de haut en bas et de l’intérieur vers l’extérieur. Elle est contrôlée et maîtrisée par le percement de trous pour que les gaz puissent s’échapper. Lorsque le manteau se craquelle sous l’effet de la chaleur, il faut l’arroser et le réparer.

Humification du manteau

Colmatage des pores d'évacuation

La récolte du charbon

Le charbon de bois est récupéré en plusieurs fois. Les hommes ouvre le manteau et le referment sitôt le charbon extrait. Celui-ci est immédiatement arrosé pour qu’il ne s’enflamme pas au contact de l’air. La mise en sac couronne un long travail. Les 10 stères initiaux, fournissant un rendement de 8 à 10 %, ont donné près de 700 kilos de charbon de bois destinés à l’usage domestique, aux grillades estivales surtout.

La petite dimension des morceaux rend ce charbon inutilisable pour un usage industriel.

(Sources : Brochure "Le Moulin de Saint-George" publié par la Fondation pour la sauvegarde du patrimoine artisanal de Saint-George)

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